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«Le tir sportif met en relief des valeurs de respect»

Christophe Caloz dans ses oeuvres.
Christophe Caloz dans ses oeuvres.

13.04.2017 - Interview avec Christophe Caloz, président de la Société de tir sportif du Beulet-St-Léonard

Depuis pas mal d'années, vous Christophe Caloz, d'origine miègeoise, vous assumez des responsabilités dans le milieu du tir sportif. Aujourd'hui, vous présidez aux destinées de la Société de tir sportif du Beulet-St-Léonard.  Une telle fonction est-elle reconnue à sa juste valeur?
Oui, un titre de président est toujours reconnu. C’est la manière de l’aborder qui le met plus ou moins en position d’une bonne image. Je n’ai jamais eu peur ou honte de dire que je fais du tir sportif. Au contraire, j’aime expliquer aux gens ce que nous pratiquons et les valeurs que nous défendons.

Le président est le personnage central au sein d'un comité d'une association sportive telle que la vôtre. Il est dès lors l'homme le plus exposé aux critiques de tout poil. Considérez-vous cela comme entrant dans le cadre du jeu démocratique?
Oui, je n’ai aucun souci avec cet état de fait. Pour moi, ça reste un service bénévole, une passion et cela me nourrit. J’ai les épaules solides et mes valeurs sont sincères. Il est évidemment facile de formuler des critiques négatives à l’égard d’un président . En ce qui me concerne, si des erreurs sont avérées, je les assume. Mais je préfère écouter, réfléchir puis j’essaie de construire des choses dans l’intérêt de notre sport. Par contre, je déteste la mauvaise foi, d’où qu’elle vienne.

On a parfois tendance à mélanger les activités des tireurs sportifs et celles militarisées. Cet amalgame est-il fondé?
Je comprends cette confusion et elle s’explique à mes yeux  par le fait que nous utilisons les mêmes infrastructures (stand de tir). Mais encore une fois, chaque tireur ne doit pas se cacher derrière cela et expliquer que si nous pratiquons notre sport dans des stands, notre but sportif et associatif est bien différent du militaire. Je dirais que l’on peut faire la comparaison avec un pilote de rallye et un automobiliste, tous les deux empruntent des routes.

Aujourd'hui, dit-on, le recrutement de jeunes candidats à l'adhésion à une société sportive locale ou régionale est devenu pour le comité en place une sorte de course d'obstacles. Le dynamisme serait l'élément moteur pour combler cette lacune, du moins en partie. Qu'en dites-vous?
C’est un vrai souci pour toutes les sociétés, quelles qu’elles soient. Depuis que nos jeunes ont un accès à presque tout à domicile (télévision, téléphone personnel, internet…), ils ne ressentent plus le même besoin de se mélanger aux autres pour grandir. Il est vrai que nous avons souvent été initiés par nos parents à faire partie d’une société . Aujourd’hui, il faut aller chercher ces jeunes. Le dynamisme est important, certes,  mais il ne fait pas tout. Pour attirer un nouveau membre, il est bon de prendre en compte qu’il soit compris et à l’aise dans un milieu, dont il a envie de parler autour de lui. Pour cela, il faut disposer du temps, du personnel motivé, compétent et d’une infrastructure  adéquate, car nos jeunes sont devenus exigeants dans leur choix. Voilà, à mon avis, où se trouvent les plus grands obstacles.

En Suisse, le tir sportif est très populaire quoiqu'on en dise. Il figure en bonne position sur le plan des associations  nationales . Est-ce exact?
Oui, tout à fait, les chiffres parlent d’eux-mêmes : quelque 133'000 membres , dont près de 70'000 licenciés (6'000 juniors) , issus des parties germanophone, francophone et italophone de la Suisse. Donc, les sociétés de tir ne doivent pas se plaindre, mais profiter de cet état de fait.

Le tireur pratique en général son art en stand couvert. Vous êtes à la tête de la Société de tir sportif du Beulet-St-Léonard. Vous bénéficiez, vous et vos membres, de quel type d'installations?
Nous avons une bonne infrastructure, d’autant plus que nous bénéficions d’installations flambantes neuves. Sont à notre disposition : 8 lignes de tir à la distance de 300m (fusil), 2 lignes de pistolet 25m (pistolet) et 4 lignes à 50m (fusil). Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour remercier les communes partenaires avec qui j’entretiens de très bons contacts.

Dire que le tir en soi est un sport non violent, est-ce un paradoxe de l'exprimer ainsi?
Non. Le tir sportif n’est pas du tout violent, loin s’en faut. Au contraire, il met en relief des valeurs de respect, d’humilité, de volonté, de maîtrise et d’abnégation, sans parler de concentration et de calme.

Le tireur sportif peut-il être considéré comme un acteur dans le paysage culturel, social et éthique?
Tout à fait, comme n’importe quel membre d’une société quelconque. D’ailleurs, je n’ai jamais compris les tireurs sportifs qui se cachent de leur sport! Comme je l’ai déjà dit, il faut être fiers de ses valeurs que je qualifie de nobles.

Quelles sont les voies, les étapes, les conditions à suivre pour quelqu'un qui désire adhérer à votre société?
N’importe qui peut prendre contact avec un membre du comité ou de la société (www.stsb.ch). Mais nous organisons aussi depuis 7ans une journée portes ouvertes. Cette journée permet à tout un chacun de venir essayer en toute sécurité plusieurs distances et différentes armes. Cette année, elle sera remise en route au mois de mai (voir le site pour plus de détails.).

Aujourd'hui, les structures de la Fédération suisse de tir sportif  basée à Lucerne sont-elles en harmonie avec les exigences et disciplines olympiques?
Les hautes instances sont critiquées lorsque des champions n’émergent pas à telle ou telle compétition au niveau international. Mais les champions c’est aussi l’affaire de toutes les sociétés. Encore une fois, il faut se donner les moyens (temps, personnels, infrastructures) et reconnaître que la Suisse se défend plutôt bien dans le domaine. Au fil des années, nos athlètes ont obtenu  des titres olympiques , mondiaux, européens et aussi des records. La dernière performance en date remonte aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 : une médaille de bronze de la part d’une femme, en l’occurrence la thurgovienne Heidi Diethelm. Et je n’oublie pas les succès remportés par ma propre société, soit  des médailles d’or, d’argent, de bronze en championnat suisse de sections et j’en passe. (Jules-Emile Rey)

partenaire FST

 

 

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Swiss Olympic ISSF
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