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La société de Cible St-Jean St-Léonard

Quelle est l'origine des Cibles en Valais ?

20.09.2017 - Quelles furent les motivations à la fondation des sociétés de cibles valaisannes lors des années 1815 à 1860?

Comment se fait-il que, dans les années 1820 à 1870, de nombreuses sociétés de tir ont été fondées en Valais et ceci avec pour chacune d’entre-elles les mêmes buts inscrits dans l’acte de fondation dont notamment de vouloir consolider l’esprit de patriotisme qui les anime ? Et si aujourd’hui l’idée généralement répandue que ces sociétés ont comme but la défense des traditions (on les appelle d’ailleurs souvent vieilles cibles) était-ce bien la motivation des fondateurs ? Ce mouvement et cet engouement à être membre de ces sociétés rappelle l’époque des années 1970-1990 où se créèrent en Valais de nombreux clubs services, tels le Lions Club, le Rotary, les jeunes Chambres économiques…
Les actes de fondations, exécutés devant notaire, ne délivrent pas de réponse ouverte à cette question. Cependant, leur lecture laisse percevoir que cela répondait bien à un besoin politique et social et à une volonté des jeunes fondateurs de mettre en marche ce canton dans une intégration à la Suisse.


Quel est donc le contexte historique et politique de cette période qui va de 1780 à 1840 et quelle est son influence sur la fondation de ces sociétés de cibles?

De 999 à 1798, le Valais fut un Etat indépendant, d’abord une monarchie ecclésiastique puis une république fédérative. De cette longue période, le Valaisan
est imprégné d’une forte volonté d’indépendance. De 1803 à 1815 la Suisse et le Valais vivent sous le régime de la Médiation – établi par Napoléon Bonaparte – et du protectorat français. Cette période apporte de nombreux droits démocratiques et civiques par la suppression des privilèges des Familles patriciennes et de l’Aristocratie et par l’abolition du statut de sujet. Il faut se rappeler qu’à cette époque, le Haut Valais domine le Bas Valais, qu’il lui est sujet. Le Bas Valais n’a aucun droit démocratique si ce n’est celui de payer des redevances au Haut Valais.

Dès 1813, avec Metternich, le sort du Valais se prépare sur le plan diplomatique et politique européen. En effet l’Europe a besoin pour sa stabilité d’avoir un contrôle solide des cols valaisans. C’est ainsi que face à un Valais faible militairement et politiquement, le Congrès de Vienne va lui imposer en 1815 d’entrer dans la Confédération. Le Valais accepte bien malgré lui d’y entrer et, le jour où il y est reçu, il ne marque pas l’événement, il n’y a pas de feux de joie et les cloches ne sonnent pas.
De 1815 à 1848, le Valais comme la Suisse connaissent la lutte entre les réactionnaires qui veulent restaurer les Familles patriciennes et les privilèges de l’Aristocratie et les tenants de la volonté d’instaurer la démocratie. Le mouvement de la Jeune Suisse qui lutte pour s’affranchir définitivement des réactionnaires du Haut Valais et de leur tutelle, est très actif dans le Bas Valais.
Cette période est aussi celle de l’anticléricalisme d’une extrême violence et du début du radicalisme valaisan. C’est bien évidemment aussi l’époque de la Vieille Suisse, mouvement actif surtout dans le Haut Valais et qui deviendra le futur parti conservateur. L’évolution des mentalités, surtout dans le Haut Valais dominant, vers la démocratie et l’égalité des droits démocratiques se fait à coups de bagarres et de batailles.

La volonté des fondateurs : engager le Valais dans la voie de l’adhésion à la Suisse moderne en création et vers les droits civiques

C’est dans ce contexte que dès 1815, les premières sociétés de cibles sont fondées dans le Bas Valais, notamment à Saxon et à Salvan. Il semblerait que les structures de ces sociétés se construisent à partir des anciennes milices locales, actives à partir des années 1780 dans les villages du Bas Valais et du Valais central, notamment à Lens et à Montana. Leur fondation répond à la volonté de changement et de développement de l’esprit de liberté et de reconnaissance des droits civiques.

Dans ce sens, c’est du côté de la Confédération que vient l’appui. Il s’agit dès lors de contribuer à développer chez les valaisans l’esprit patriotique, l’esprit d’appartenance à la Suisse.
Emile Biollay cite dans son livre « Le Valais de 1815 à 1965 » : En 1854, le Valais reçoit la fête fédérale de chant. Richard Wagner y est invité… La fête fédérale de chant atteignit son but, qui était de contribuer, avec d’autres sociétés, surtout celles de tir et les sociétés d’étudiants, à créer un véritable esprit national.

L’image donnée à ce jour aux sociétés de cibles, de sociétés de traditions, promouvant celles-ci à travers le tir, la vigne et le vin, serait-elle donc en contradiction avec les buts des fondateurs ?


Que reste-il à nos jours des buts initiaux des fondateurs?

Peu importe cette contradiction apparente, car un des buts principaux qui est de promouvoir l’amitié entre les membres reste fortement ancré dans l’esprit de tous les cibarres.

Quant au but affirmé initialement de vouloir établir et créer un fond disponible au profit de la compagnie et procurer à cette société un revenu commun à leurs besoins, il faut relever que ce but a été atteint par la constitution d’un patrimoine s’élevant aujourd’hui à près d’un hectare de vignes et par la construction en 1875 du bâtiment de la cible, repris par la commune en 1980.

C’est cependant à travers bien des difficultés et des privations pour les candidats et leurs familles que ce patrimoine s’est constitué. En effet, la finance d’entrée représentant la moitié d’un salaire annuel était bien souvent au-dessus des moyens des gens de l’époque.
Et si aujourd’hui les tenants de cet héritage s’appliquent à « défendre les traditions à travers le tir, la vigne et le vin et à célébrer l’amitié », c’est bien en reconnaissance envers ses fondateurs qui ont su assurer la pérennité de la société à travers un bien commun, les vignes et à travers une passion commune, le tir.

Document élaboré par Mr Schwery Bernard, ancien Capitaine de la Cible St-Jean de St-Léonard

 

Quelle est l’origine de la Fédération des Vieilles Cibles Valaisannes ? 

 

Origine de la Fédération des Vieilles Cibles Valaisannes (FVCV - SVAWS)

 

C'est sur l'initiative de Mr Léon Monnier, que la « Fédération des Vieilles Cibles du Valais central » a vu le jour en 1942.

En 1996, la « Fédération des Vieilles Cibles du Valais Central, FVCVC », élargit son horizon vers le haut et le bas du canton et devient : la « Fédération des Vieilles Cibles Valaisannes, FVCV ou SVAWS », offrant ainsi l’entrée possible à toutes les Cibles de notre canton.

En cette année 2017, elle fête donc ses 75 années d’existence.

 

Les pionniers attachaient beaucoup d'importance à l'aspect sportif et patriotique de la société qui détenaient le flambeau de la liberté. Mais, pour subvenir aux frais et à l'achat de cartouches, la majorité des vieilles cibles sont devenues propriétaires de vignes qui, jusqu'à ce jour, ont toujours rapporté de l'argent sonnant et trébuchant, permettant ainsi aux cibarres de s’entraîner au tir.

Malgré quelques amnisties et dérogations, le nombre de membres à tendance à diminuer, mais le nombre de sociétés, après diminution de près d’un tiers de celles-ci, est reparti à la hausse en 2013 avec l’adhésion de la Cible de Sembrancher, puis de Port-valais en 2016. A l’heure actuelle, la Fédération compte 14 sociétés, probablement rejointent en 2018 par une nouvelle société haut-valaisanne.

 

La Fédération des Vieilles Cibles Valaisanne a pour but de perpétuer la tradition du tir, de la vigne et du vin. Chaque mois d’août est donc l’occasion, pour les cibarres de toutes les sociétés de la FVCV, de se retrouver lors de la grande fête annuelle, organisée selon un tournus prédéfini, par chacune d’entre elle à tour de rôle.

Si le but de chaque Cibles est pratiquement le même que celui de la FVCV, les règlements internes ainsi que les us et coutumes diffèrent plus ou moins fortement d’une Cible à l’autre, même pour celles issues d’un même village.

Aujourd'hui, dans la majorité des Cibles, seuls les descendants des familles fondatrices peuvent y être admis sous certaines conditions, contrairement aux sociétés de tir, telles que nous les connaissons actuellement où, suite à une demande d’adhésion complétée en bonne et due forme, vous serez rapidement le bienvenu.

 

Pour plus de détails, voir notre site internet: www.vieilles-cibles-vs.ch

 

Les hommes suivants ont présidé au destin de la « Fédération des Vieilles Cibles Valaisannes » ou «Schützenvereinigung der Alten Walliser Schützenzünfte» :

 

1942 - 1973    Léon Monnier        (Membre fondateur – Président d'honneur)

1973 - 1989    Albert Betrisey       (Président d'honneur)

1989 - 1996    Denis Viaccoz        (Président d'honneur)

1996 - 2007    François Betrisey   (Président d'honneur)

2007 - 2014    Michel Mayor

2014 -             Jean-Marc Ambord

 

partenaire FST

 

 

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